Fonctionnement et mouvement AMAP

Une AMAP est un partenariat solidaire et responsable entre un groupe de consommateurs et un paysan producteur…

 

1. Une AMAP comment ça marche?

Les éternelles questions concernant les AMAP

Tout producteur AMAP se doit de produire des aliments sains, avec des conditions de culture respectant l’environnement, dans un contexte social convenable pour toutes les personnes travaillant sur l’exploitation. Les consommateurs amapiens pré-financent une «saison de production» et en acceptent par solidarité les aléas climatiques. En s’engageant ainsi l’un vis-à-vis de l’autre, producteur et consommateur dépassent le simple rapport commercial, ils deviennent partenaires.

 L’AMAP en questions

          • – Qu’est ce qu’un panier ?
          • – Dois-je régler ma saison en une seule fois ?
          • – Pourquoi s’engager ?
          • – Et lors des vacances ?
          • – Puis-je choisir le contenu du panier de légumes ?

 

  • Qu’est ce qu’un panier ?

Les consommateurs déterminent avec le producteur la quantité de produits qu’ils viendront régulièrement avec leur cabas ou leur cagette chercher durant la saison. Chaque semaine, au jour et aux heures de distribution, chacun effectue lui-même ses pesées, récupère ainsi son panier de légumes. Si le panier en hiver est assez maigre, celui du plein été est conséquent et généreux. Un panier de légumes correspond en moyenne à 6 – 7 kg de légumes en six variétés minimum et la moyenne se fait sur l’année. L’abonnement au panier peut se faire sur un panier entier ou un demi-panier.

  • Dois-je régler ma saison en une seule fois?

Si grossièrement la saison est une période de six mois notre partenaire équilibre ses paniers sur une année, c’est à dire deux saisons, deux fois six mois. Votre engagement sera donc effectif sur l’année entière. Les réglements s’avancent par chèques (à l’ordre du maraîcher). Il vous est possible de payer les paniers d’une saison en une fois, ou en deux, quatre ou huit fois… en certains cas, les règlements peuvent s’échelonner sur 12 mois voire bénéficier d’une aide de Services Sociaux ou d’Association Humanitaire…

  • Pourquoi s’engager?

Avec le préfinancement l’agriculteur peut concentrer ses efforts sur sa production puisque son écoulement est assuré et, en concertation avec les consom’acteurs, tenter des cultures de légumes originaux, de variétés anciennes… 

De votre côté, partager les aléas de la vie agricole signifie que vous acceptez de voir parfois certains produits manquer momentanément à l’appel. Une attaque de mildiou et les tomates pourront disparaître des paniers. Leur absence sera alors compensée par d’autres légumes d’été. Vous serez bien sûr prévenus des causes de ce manque : une bonne manière de découvrir les réalités de l’agriculture.

Adhérer à une AMAP est un acte responsable, contraire à tout réflexe consumériste. Cela implique pour chacun le partage des petites responsabilités dans l’organisation de l’AMAP pour l’intérêt de tous, au minimum de se rendre une fois dans la saison au jardin pour donner la main, et de participer deux ou trois fois par saison à l’accueil aux distributions…

  • Et lors des vacances?

Chacun s’engage vis-à-vis de l’agriculteur partenaire. Chacun est responsable de son propre panier. Le jour de distribution quand on se trouve dans l’incapacité de venir chercher son panier, il nous incombe de trouver nous-même quelqu’un pour venir le récupérer ou en prendre possession. A cet effet, les adhérents sur liste d’attente peuvent être contactés, ils assurent un réservoir «d’intermittents du panier » possibles…

  • Puis-je choisir le contenu du panier de légumes?

La composition du panier est déterminée par le maraîcher en fonction de la saison et des légumes cultivés sur son exploitation. Ne vous laissez pas arrêter par ce qui peut vous sembler ici une contrainte : vous vous apercevrez vite que ce système vous fera découvrir (ou redécouvrir) de nombreux légumes.

 

 

2. ETHIQUE : Qu’est-ce qu’une AMAP?

La Charte des AMAP.

Le mouvement AMAP, une utopie participative

Une AMAP est un partenariat solidaire entre un groupe de consommateurs et une ferme. Elle est une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne ayant pour objectif de préserver l’existence et la continuité des fermes de proximité dans une logique d’agriculture durable, c’est-à-dire une agriculture paysanne, socialement équitable et écologiquement saine, de permettre à des consommateurs d’acheter à un prix juste des produits d’alimentation de qualité de leur choix, en étant informés de leur origine, et de la façon dont ils ont été produits, et de participer activement à la sauvegarde et au développement de l’activité agricole locale dans le respect d’un développement durable.

Chaque consommateur achète en début de saison une part de la production qui lui est livrée périodiquement à un coût constant. Le producteur s’engage à fournir des produits de qualité dans le respect de la charte de l’agriculture paysanne.

La Charte : Philosophie générale

La charte des AMAP est un document de référence définissant les valeurs, les principes et les engagements auxquels souscrivent les associations désirant être reconnues comme AMAP.

Sur notre territoire francilien c’est le Réseau AMAP-IdF qui a pour objectif de développer et animer le réseau des associations de Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP). Le Réseau contribue au développement d’une agriculture durable et à la mise en place d’une économie solidaire entre villes et campagnes, permet aux consommateurs de manger sainement à un prix juste et accessible et qu’ils puissent définir et contrôler ce qu’ils ont dans leur assiette.

Le Réseau AMAP-IdF souhaite que ces consommateurs deviennent des consom’acteurs.

Cette charte n’a pas pour objet de servir de Règlement Intérieur aux AMAP. Il incombe à chaque structure de définir de façon autonome son mode de fonctionnement dans le respect de la présente charte.

Les 18 principes fondateurs de la charte des AMAP

1. La référence à la charte de l’agriculture paysanne (cf annexe) pour chaque producteur.

2. Une production de dimension humaine adaptée aux types de culture et d’élevage.

3. Une production respectueuse de la nature, de l’environnement et de l’animal : développement d’une biodiversité, fertilité des sols, production sans engrais ni pesticides chimiques de synthèse, gestion économique de l’eau …

4. Une bonne qualité des produits : gustative, sanitaire, environnementale.

5. L’appui à l’agriculture paysanne locale.

6. La solidarité et des liens actifs avec tous les acteurs locaux oeuvrant pour le maintien de l’agriculture durable et d’un commerce solidaire.

7. Le respect des normes sociales par rapport aux employés de l’exploitation, y compris le personnel temporaire.

8. La recherche de la transparence dans les actes d’achat, de production, de transformation et de vente des produits agricoles.

9. L’accompagnement des producteurs à l’autonomie, c’est-à-dire la capacité à être maître de ses choix.

10. La proximité du producteur et des consommateurs : elle est indispensable pour assurer le lien direct entre eux et pour favoriser le circuit le plus court entre producteur et consommateurs

11. Une AMAP par producteur et par groupe local de consommateurs.

12. La formalisation et le respect des contrats à chaque saison entre consommateurs et producteurs.

13. Aucun intermédiaire entre producteur et consommateurs, pas de produits achetés et revendus par le producteur sans accord des consommateurs.

14. La définition à chaque saison d’un prix équitable entre le producteur et les consommateurs.

15. Une information fréquente du consommateur sur les produits.

16. La solidarité des consommateurs avec le producteur dans les aléas de la production

17. Une participation active des consommateurs à l’AMAP favorisée notamment par la responsabilisation du maximum d’adhérents.

18. Une sensibilisation des adhérents de l’AMAP aux particularités de l’agriculture paysanne.

 

les dix principes de l’agriculture paysanne

Principe n° 1
Répartir les volumes de production afin de permettre au plus grand nombre d’agriculteurs d’accéder au métier et d’en vivre.

Principe n° 2
Être solidaire des paysans des autres régions d’Europe et du monde.

Principe n° 3
Respecter la nature.

Principe n° 4
Valoriser les ressources abondantes et économiser les ressources rares.

Principe n° 5
Rechercher la transparence dans les actes d’achat, de production, de transformation et de vente des produits agricoles.

Principe n° 6
Assurer la bonne qualité gustative et sanitaire des produits.

Principe n° 7
Viser le maximum d’autonomie dans le fonctionnement des exploitations.

Principe n° 8
Rechercher les partenariats avec d’autres acteurs du monde rural.

Principe n° 9
Maintenir la diversité des populations animales élevées et des variétés végétales cultivées.

Principe n° 10
Raisonner toujours à long terme et de manière globale.

 

Vision commune AMAP

 

3. Historique et état mondiaI des Réseaux des Initiatives en Agriculture soutenues par la communauté :

 

a. Des origines du mouvement AMAP

Comment les AMAP se sont-elles créées en France? Quels acteurs ont contribué à leur émergence?

Les AMAP sont à la croisée de plusieurs expériences, et de diverses influences :

• Des expériences étrangères comme on vient de le voir dans le chapitre précédent: avec les Teikei au Japon (ce mot signifie « engagement de collaboration ») dans les années 70, mais aussi les CSA (Communauty Support Agriculture) aux Etats-Unis et au Canada dans les années 80

• Des expériences françaises, de nombreuses initiatives de vente directe se développent en France, notamment les Jardins de Cocagne (depuis 1991) qui sont axés sur l’insertion par l’activité économique et fournissent des paniers de légumes biologiques à des groupes de consommateurs…

• Des démarches portées par des organisations agricoles françaises. La charte de
l’agriculture paysanne créée en 1990 (Fadear et Confédération Paysanne), l’agriculture biologique (Nature et progrès, FNAB…), les associations de développement rural faisant la promotion de l’agriculture de proximité (CIVAM…)

• Des mouvements d’éducation populaire (ATTAC), des mouvements de consommateurs qui se mobilisent contre la malbouffe, l’insécurité alimentaire et la grande distribution.
C’est en 2001 que naît le premier groupe AMAP, le premier partenariat AMAP à Aubagne autour des Vuillon, Daniel et Denise, maraîchers-arboriculteurs à Ollioules dans le Var.
Cette initiative fait suite à un café éco-citoyen d’ATTAC Pays d’Aubagne sur le thème de «la malbouffe» en février 2001 où les Vuillon, membres de la Confédération Paysanne du Var, ont présenté le concept des AMAP.

En parallèle, avec l’appui de l’association ALLIANCE Paysans Ecologiste Consommateurs, se crée, en Mai 2001, l’association ALLIANCE Provence, premier réseau régional des AMAP, qui a contribué à essaimer et à promouvoir les AMAP en région PACA.
En 2003, Alliance Provence élabore et adopte la charte des AMAP. Cette charte, ainsi que le terme A.M.A.P., sont déposés en Mai 2003 à l’INPI.

 

b. aux mouvements actuels à travers le monde : Japon, Angleterre, Allemagne, USA, pays de l’Est, continent africain, etc…

Origine au Japon, références autres: Le Teikei a émergé dans les années 1960 au Japon. A l’époque, des mères de familles japonaises s’inquiètent de voir l’agriculture s’industrialiser avec un recours massif aux produits chimiques (en 1957, les premières victimes de Minamata, empoisonnées au mercure, sont déclarées). Ces mères fondent alors en 1965 les premiers teikei (signifiant en japonais « coopération ou collaboration ») qui concernent d’abord des coopératives laitières. Le principe de fonctionnement est le suivant : en échange de l’achat par souscription de la récolte du paysan, ce dernier s’engage à fournir des aliments cultivées sans produits chimiques.

Une des groupes fondateurs des teikei, le Japan Organic Agriculture Association (JOAA), apparu en 1971, définit le teikei comme « une idée visant à créer un système alternatif de distribution, non dépendant du marché conventionnel. http://www.joaa.net/ Bien que la forme des teikei varient, c’est tout simplement un système de distribution directe. Pour parvenir à son émergence, les producteurs et les consommateurs ont dû parler et approfondir leur connaissance mutuelle : aussi bien les uns que les autres fournissent du travail et du capital pour pérenniser le système. Le teikei est non seulement une idée pratique mais aussi une philosophie dynamique pour que les gens pensent une meilleur façon de vivre à travers l’interaction entre producteurs et consommateurs.
http://www.urgenci.net/page.php?niveau=3&id=Les%20Teikeis%20au%20Japon

Toujours est-il qu’au moment de l’émergence des teikeis dans les années 1960, il n’y a pas eu d’échanges avec l’Amérique ou l’Europe sur ce système. Au Japon, un foyer sur quatre participe à un teikei (16 millions de personnes en 1993)…

En Allemagne, les food guilds…http://www.buschberghof.de/

Aux USA, les community-supported Agriculture
http://www.wilson.edu/about-wilson-college/fulton/csa-share-program/index.aspx
http://www.urgenci.net/page.php?niveau=3&id=Les%20CSA%20%28EN%29

Au Canada, les paniers bio des fermiers de famille
http://www.equiterre.org/solution/paniers-bio
http://www.urgenci.net/page.php?niveau=3&id=Les%20ASC%20au%20Quebec

Au Royaume-Uni les community-supported agriculture
http://www.urgenci.net/page.php?niveau=3&id=Les%20CSA%20au%20RoyaumeUni

Au Portugal, les reciproco
http://www.urgenci.net/page.php?niveau=3&id=Reciproco%20-%20Portugal

Au Pays Basque, le Réseau Nekasarea mis en place par le syndicat Ehne
http://www.urgenci.net/page.phpniveau=3&id=Nekasarea%20au%20Pays%20basque

En Espagne, différentes intitiatives régionales
http://www.urgenci.net/page.php?niveau=3&id=En%20Espagne

et toutes autres initiatives du même type dans le monde entier…

 

c. URGENCI

Le Réseau URGENCIRéseau Urbain-Rural Générer des Echanges Nouveaux entre Citoyens.

URGENCI regroupe au niveau mondial des citoyens, producteurs agricoles, consommateurs, militants, acteurs politiques impliqués dans une approche économique alternative appelée les Partenariats Locaux Solidaires entre Producteurs et Consommateurs (PLSPC).

Les fondements du Réseau URGENCI

Aux 4 coins du monde, les PLSPC prennent des formes différentes dues aux spécificités sociales, historiques, géopolitiques, agricoles et économiques de chaque pays ou région d’implantation. Néanmoins, ce qui réunit les membres d’URGENCI se retrouve dans les 4 idées fondamentales que l’on retrouve dans leur terme d’appellation : 

• Partenariat : ce partenariat se manifeste par un engagement mutuel de fourniture (par les producteurs) et d’écoulement (par les consommateurs) des aliments produits à chaque campagne agricole.

• Local

il s’agit ici de promouvoir les échanges de proximité. Les PLSPC s’inscrivent dans une démarche active de relocalisation de l’économie.

• Solidaire

le partenariat est basé sur une solidarité entre les acteurs qui se manifeste par :

o Le partage des risques et des avantages d’une production saine, adaptée au
rythme des saisons et respectueuse de l’environnement, du patrimoine naturel et culturel et de la santé.
o Une rémunération juste et équitable payée à l’avance et suffisante pour assurer une vie digne des paysans et de leurs familles.

• Le binôme Producteur/Consommateur

c’est une relation directe basée sur les rapports humains et la confiance, sans intermédiaire, sans hiérarchie, sans relation de subordination.

C’est l’addition sans exception et l’application sur le terrain de ces 4 fondamentaux qui font le socle commun des membres de URGENCE sur lequel se développent des valeurs plus générales.

Les objectifs du Réseau URGENCI.

• Le maintien et l’épanouissement d’une agriculture paysanne.
• La souveraineté alimentaire de chaque région et chaque communauté de la planète.
• La santé par l’alimentation et la lutte contre la faim et la malnutrition.
• Le développement de la citoyenneté dans l’économie et de liens sociaux de solidarité entre producteurs et consommateurs et entre habitants des villes et des zones rurales.
• L’éducation à l’environnement et à la citoyenneté.
• La lutte contre l’exclusion et la pauvreté par les liens de solidarité, que ce soit en milieu rural et paysan ou en milieu urbain ou dans le rapprochement de ces 2 milieux.
http://www.urgenci.net/page.php?niveau=3&id=diversite-initiatives

 

Californie 2013

http://www.urgenci.net/page.php?niveau=1&id=CALIFORNIE%202013
http://www.urgenci.net/page.php?niveau=1&id=AG%20ORDINAIRE%202013

Rencontre européenne, Milan 2012

http://www.urgenci.net/page.php?niveau=1&id=RENCONTRE%20EUROPEENNE%20-%20MILAN%202012